Relations Canada-Myanmar

Drapeau de la Birmanie

Relations bilatérales

Le Canada et le Myanmar entretiennent des relations depuis le début du 20e siècle, lorsque les premières entreprises canadiennes, telles que Manuvie, s’y sont installées. De janvier 1942 à juillet 1945, un nombre important d’équipages et de pilotes canadiens ont pris part à la campagne de Birmanie durant la guerre du Pacifique. Des relations officielles diplomatiques entre les deux pays ont été établies à la suite de l’indépendance du pays en 1948. Cependant, celles‑ci sont devenues plus tendues après le coup d’État de 1962 et les décennies de régime militaire qui ont suivies. Le Canada a tout de même maintenu son engagement cours de cette période, notamment en offrant de l’aide humanitaire à la suite du cyclone Nargis en 2008.

En 2010, le Myanmar a lancé un ambitieux projet de réformes visant à encourager la démocratisation, la libéralisation de l’économie et la paix nationale : de nouvelles lois protégeant la liberté de presse et la liberté d’association ont été adoptées, des personnes figurant autrefois sur une liste noire ont été autorisées à rentrer au pays et la vaste majorité des prisonniers politiques ont été libérés. Le gouvernement central et les groupes armés ethniques non gouvernementaux ont aussi fait des avancées importantes vers l’établissement d’un cessez-le-feu à l’échelle nationale.

En 2012, en reconnaissance de ces changements positifs, le Canada a assoupli ses sanctions économiques contre le Myanmar. La plupart des interdictions contenues dans le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Birmanie de 2007 ont été suspendues, y compris la majorité de celles concernant les exportations, les importations, les services financiers et l’investissement. Toutefois, le Canada maintient toujours des sanctions contre certaines personnes et entités. De plus, un embargo commercial sur les armes et le matériel connexe, ainsi que l’assistance technique et financière y afférent, est toujours en vigueur.

En mars 2013, le Canada a nommé pour la première fois un ambassadeur résidant au Myanmar. Il a parallèlement établi l’ambassade du Canada au Myanmar à Yangon; elle a officiellement ouvert ses portes en août 2014. En août 2015, un centre de réception des demandes de visa a été établi à Yangon, ce qui a permis aux citoyens du Myanmar de présenter des demandes de visa canadien localement.

Le 8 novembre 2015, la Ligue nationale pour la démocratie, le parti de la lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, a remporté une victoire décisive aux premières élections générales libres et justes à s’être tenues au Myanmar en plus de 50 ans. Bien que la constitution, rédigée sous l’ancien régime militaire, empêche à Aung San Suu Kyi de devenir présidente, elle est de facto la chef du gouvernement. En plus de sa nomination à titre de conseillère d’État (une position similaire à celle de premier ministre), elle occupe les postes de ministre des Affaires étrangères et de ministre du Bureau du président.

Le Canada se réjouit de ces développements positifs et encourage les autorités du Myanmar à poursuivre les réformes pour renforcer les droits de la personne, la démocratie et la primauté du droit.

Au cours des dernières années, le Canada a substantiellement accru ses activités au Myanmar, ciblant principalement la coopération liée au développement en vue d’encourager la démocratie et la croissance économique durable. Le Canada offre également du soutien en matière de consolidation de la paix, de formation sur la gouvernance, de fédéralisme, de droits de la personne et de criminalité internationale. Le Canada a également fourni de l’aide humanitaire considérable au Myanmar.

Malgré le progrès déjà accompli, le Canada observe avec inquiétude la situation des minorités ethniques et religieuses au Myanmar, y compris celle des Rohingya, qui sont toujours l’objet d’une discrimination répandue.

Aide au développement

Le programme bilatéral de développement du Canada cible principalement les projets qui s’alignent sur les priorités et les besoins cernés par le gouvernement et le peuple du Myanmar. En 2017, le gouvernement du Canada et le Gouvernement de la République de l’Union du Myanmar ont conclu un protocole d’entente visant à renforcer l’efficacité de l’aide au développement.

Le programme d’aide bilatérale au développement du Canada soutient la prospérité et le bien‑être de populations ciblées au Myanmar, en particulier les femmes, les jeunes et les communautés pauvres vivant en région rurale. Le Canada est un donateur actif dans l’ensemble des états et des régions; ses projets d’aide bilatérale au développement soutiennent l’autonomisation des femmes sur le plan économique, la compréhension du fédéralisme, la promotion de la gouvernance inclusive, la préparation aux effets des changements climatiques ainsi que le renforcement des capacités et de la collecte d’informations servant à établir des politiques fondées sur des éléments probants.

Le Myanmar bénéficie de l’aide canadienne au développement par la voie de mécanismes régionaux et multilatéraux et de partenariats. Faites une recherche dans la Banque de projets pour découvrir ce que le Canada fait pour soutenir la prospérité et le bien-être des populations ciblées au Myanmar, en particulier les femmes, les ruraux pauvres et les jeunes.

Fédéralisme et processus de paix

Le Canada appuie fortement le processus national de paix au Myanmar et les négociations entre le gouvernement du Myanmar et les groupes ethniques armés non gouvernementaux pour instaurer une paix inclusive et durable après plus de 70 ans de guerre civile. Reconnaissant que l’établissement d’un système de gouvernement fédéral est un élément essentiel au dialogue politique dans le cadre du processus de paix, le Canada joue un rôle de premier plan dans la formation en matière de fédéralisme. Par la voie du Forum des fédérations, le Canada encourage la sensibilisation à la démocratie et au fédéralisme chez les acteurs et les intervenants politiques dans l’ensemble du pays.

Droits de la personne et citoyenneté active

La protection des droits de la personne et la promotion de la bonne gouvernance sous‑tendent tous les aspects de l’engagement du Canada au Myanmar. Le Canada collabore étroitement avec les champions de la société civile pour favoriser des changements positifs. À titre d’exemple, le Canada a fourni des services d’expertise juridique pour soutenir les efforts nationaux visant à renforcer la protection juridique de la liberté d’expression et de l’accès du public à l’information. Le Canada a aussi fait la promotion de festivals de films documentaires sur les droits de la personne. Il a également financé un programme de formation de parajuristes à l’intention d’organisations de personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et intersexuées (LGBTI) pour aider à protéger les membres de communautés vulnérables. De plus, le Canada a formé des leaders communautaires sur les rôles et les responsabilités des gouvernements locaux de sorte qu’ils puissent défendre plus efficacement les intérêts de leurs communautés. Les efforts déployés par le Canada pour favoriser le développement démocratique inclusif soutiennent l’engagement citoyen, améliorent la compréhension des systèmes démocratiques et renforcent la capacité des collectivités à participer à leur propre développement. Le Canada appuie tous les ans des projets qui aident à renforcer davantage la société civile locale du Myanmar.

Aide humanitaire

L’aide humanitaire que le Canada fournit au Myanmar est attribuée en fonction des besoins et selon les principes de l’action humanitaire. Le soutien canadien est offert par des partenaires expérimentés en aide humanitaire, y compris les Nations Unies, le Comité international de la Croix‑Rouge et des organisations non gouvernementales. En 2016, le Canada a fourni 5,5 M$ en aide humanitaire au Myanmar pour contribuer à répondre aux besoins urgents et vitaux des populations déplacées et touchées par la crise.

Commerce

Compte tenu de l’évolution positive du processus de réforme au Myanmar, le Canada a rétabli le tarif de préférence général (TPG) et le tarif des pays les moins développés (TPMD) en mars 2015 pour le Myanmar. Le pays présente d’importantes possibilités d’affaires dans les secteurs de l’infrastructure, des technologies de l’information et des communications, ainsi que de l’exploitation minière, pétrolière et gazière. Toutefois, les Canadiens ainsi que les entreprises canadiennes qui envisagent de mener des activités au Myanmar sont invités à se familiariser avec les sanctions et restrictions subsistantes et à prendre connaissance de la lettre ouverte des ministres des Affaires étrangères et du Commerce international sur la conduite des affaires au Myanmar. Pour de plus amples informations à ce sujet, vous pouvez consulter notre page Web sur les sanctions économiques imposées contre le Myanmar par le Canada.

Aujourd’hui, le volume du commerce bilatéral entre le Canada et le Myanmar est presque 25 fois plus important qu’il ne l’était avant l’assouplissement des sanctions en 2012. En 2016, le volume des échanges s’est élevé à 121 M$, les importations du Canada se chiffrant à 82,3 M$, et les exportations, à 38,8 M$. Cela dit, la relation commerciale entre les deux pays demeure modeste, et ce en partie en raison du maintien de certaines sanctions, surtout si l’on considère la taille de la population du Myanmar, 52 millions d’habitants, ses ressources naturelles abondantes, la jeunesse de la main‑d’œuvre, sa situation géographique stratégique et ses liens étroits avec d’autres pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud‑Est (ANASE).

Coopération en matière de sécurité

Le Canada et le Myanmar collaborent dans un certain nombre de dossiers liés à la sécurité, dont bon nombre portent sur la sécurité à la frontière, la lutte au terrorisme et la lutte contre la contrebande. Le Canada travaille actuellement avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et le gouvernement du Myanmar dans le cadre du Programme de contrôle des conteneurs, qui vise à améliorer les contrôles des ports afin de réduire la contrebande de marchandises illicites. De plus, le Canada fournit de l’aide au Myanmar pour renforcer sa capacité à lutter contre le terrorisme, principalement dans le cadre des programmes régionaux pour l’Asie du Sud‑Est. Le Canada participe également à des efforts visant à éliminer la traite de personnes et le passage de clandestins en appuyant la formation des agents de l’immigration et des services frontaliers aux aéroports et aux frontières, notamment la frontière terrestre.

ANASE

Le Canada collabore également avec le Myanmar dans le cadre de l’ANASE, dont le Myanmar est un État membre et le Canada est un partenaire du dialogue, ainsi que du Forum régional de l’ANASE (FRA), axé sur la sécurité.

Mai 2017